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Le Dernier Roi d'Ecosse - James McAvoy - 2007 pour imprimer l'article 
Le Dernier Roi d'Ecosse - (Film)

par Renaud
article déposé le 06/03/2007
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Le Dernier Roi d'Ecosse

Presse unanime mais affiche dégueulasse. Mon cœur balance dans la file d’attente du Gaumont Opéra. D’autant que je commence à bien connaître l’Afrique sur grand écran. Le très pompier Blood Diamon, le sobre mais larmoyant Shooting Dogs, l’efficace The Constant Gardener, le un rien trop démonstratif Cauchemar de Darwin, je les ai tous vu. Et bien aimé. Mais cette fois, Forest Whitaker, que j’avais apprécié dans Bird ainsi que dans Ghost dog, la légende du samouraï, est de la partie. Oublions donc les détails marketing foirés et gageons que ce Dernier Roi d’Ecosse saura vite nous faire oublier les réticences frileuses.

Ca débute pourtant sur le mauvais pied. Kevin Macdonald se vautre d’emblée dans les poncifs du genre. L’Afrique, on craignait de l’avoir oublié, doit forcément être terre mystique, indomptable et indomptée, noyée de lumière, de légendes et de sang, le berceau aujourd’hui déchiré d’une humanité qu’elle est décidément pas jolie jolie. Allons-y donc gaiement et ne lésinons pas sur l’étalonnage surtravaillé, le contraste indécent et le classique filtre orangé qui donne à chaque crépuscule des airs d’apocalypse.

Ne nous ménageons pas non plus sur les effets narratifs. Nicholas Carrigan (James McAvoy, très convaincant), fils de bonne famille écossais fraîchement diplômé en médecine, supporte mal l’héritage familial guindé et le parcours tout tracé que lui fait miroiter papa, et décide de s’offrir une bonne tranche d’aventure. Il partira donc exercer ses compétences au profit des miséreux dans une petite mission perdue en Ouganda. Et le spectateur de se voir infliger le sempiternel refrain du petit blanc exilé au pays des vrais gens, ceux qui n’ont pas un radis mais le sourire écarlate et la générosité débordante.

Pour autant, passé la première demi-heure éprouvante, le film s’étoffe d’une épaisseur bienvenue. Car notre « white monkey » a l’âme bien plus noire que la peau des petits Africians qu’il essait de soigner. Opportuniste, il saute sur tout ce qui bouge et n’hésite pas à séduire la femme du médecin qu’il assiste à la mission. Puis, c’est sans trop de scrupules qu’il accepte d’être le médecin particulier du nouveau président ougandais, Idi Amin Dada, dont il a croisé la route par hasard. Vie de château sur des terres dévastées, confiance sans bornes d’un président pourtant flippant, Carrigan n’éprouve guère de difficultés à prendre le pli. Décidemment irréprochable, il va même jusqu’à engrosser l’une des femmes du président. Mais dans le même temps, Carrigan réalise peu à peu, certes avec une labeur pachydermique, que les choses partent en sucette.

Le personnage qu’incarne à la perfection un Forest WHitaker bien conscient du potentiel oscarisable de son rôle, se révèle rapidement être un tyran fou allié, aussi débonnaire que paranoïaque, chaleureux que cruel. Un vrai Néron à la sauce cannibale et os dans le nez qui massacre à tour de bras sujets et collaborateurs les plus proches. Toujours aussi courageux et sentant le vent tourner, Carrigan décide alors de rentrer chez papa maman pour un repos bien mérité, ce qui à son grand désarroi s’avère impossible. C’est dans cette chute vertigineuse d’un docteur Carrigan pieds et poings liés, d’un régime barbare et sauvage, et d’un pays saccagé, que Le Dernier Roi d’Ecosse bote en touche. Malgré un léger syndrome « Tony Scott » dans sa réalisation parfois épileptique, Kevin Macdonald nous cloue sous le fauteuil dans la dernière demi-heure (scène finale particulièrement efficace).

A la sortie de la salle, on n’a vraiment plus faim et l’on se prend une fois encore pleurnicher sur le sort des petits africains. Mission accomplie donc pour ce film assez moyen mais servi par une distribution aux petits oignons et, n’en déplaise aux plus cyniques, un sujet qui ne pourrait laisser même un poireau insensible. Mais c’est avec regret que l'on constate, le soir en se couchant, qu’on a digéré tout ça aussi vite que les macarons La Durée dégustés à la fin du dîner. Ca se mange donc sans fin et c’est peut-être d’abord là que le bas blesse.

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