par Frédéric article déposé le 18/02/2008 lu 1329 fois
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Deux mois de conflit avec la direction de Carrefour pour aboutir à 45 centimes d’augmentation de prise en charge du ticket restaurant et une centaine d’euros en bons d’achat valables dans le magasin ! Aumône, cynisme, mon cœur balance. Les syndicats perdent les combats essentiels face aux directions des grands groupes, ils signent pour des miettes, qu’en l’espèce je qualifierais de quasiment humiliantes. Mon propos ne tient pas à raviver une désuète lutte des classes, ni ne correspond à un engagement politique de ma part. Tout au plus, il est citoyen.
On parle souvent de solidarité, mais au fond, tout le monde s’en fiche de la solidarité. Ce mot n’a aucun sens. Etre solidaire serait de demander aux autres de se battre à nos côtés quand nous serions concernés par une difficulté, un conflit, ou que sais-je. Cette définition est un galvaudage du mot. Dans un monde idéal, non exclusivement porté vers soi, la solidarité lie la responsabilité et le destin de chacun à ceux de tous, de sorte que chacun doit affronter les problèmes rencontrés (ou provoqués) par un seul membre du groupe. Voilà qui est plus noble.
Revenons donc au sujet de l’article.
Comment avoir le moindre moyen de pression sur ce mastodonte financier qu’est Carrefour ? Naturellement, la réflexion peut s’étendre à toutes les enseignes comparables. De près ou de loin. Comment faire en sorte que les salariés ne soient pas ceux qu’on méprise, ceux qu’on ne considère pas, ces esclaves des temps modernes, immense tabou de notre société actuelle ? Pour égratigner Carrefour, il ne faut pas y aller avec un pistolet à bouchons ou une sarbacane.
Il faut un peu de solidarité. Mais de la vraie solidarité en se sentant TOUS concernés.
Imaginez comme ce serait beau, tous les consommateurs français boycottant les hypermarchés pendant un jour, une semaine, un mois. Imaginez ces immenses parkings hideux sans la moindre voiture dessus. Imaginez ces kilomètres carrés d’étalages sans caddies qui roulent. Un rêve non ? Puis-je vous aider à mieux consommer ? Ben non y a personne. Je ne crois pas que ce soit si naïf, c’est peut-être difficile à organiser mais pas naïf.
Il n’existe aucun produit que ces magasins vendent et qu’on ne puisse pas se procurer ailleurs. Au contraire, ça ramènerait un peu de vie dans les centres villes, quel bonheur. Une autre vie, rien que quelques jours. On consommerait mieux, on respirerait plus. Mais surtout, c’est un geste solidaire et fort, national, contre des pratiques dont personne ne peut se satisfaire, un management sujet à toutes les dérives et à tous les cynismes.
Moi je fantasme sans doute un peu, mais il n’est pas interdit de rêver. A titre personnel, je n’y mets jamais les pieds.
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