par Frédéric article déposé le 14/09/2008 lu 403 fois
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Si le Pont des Arts parlait, si de ses pierres, de ses piliers et de ses planches sortait une voix, que nous raconterait-il ? Il commencerait par quoi ? En deux siècles, il a tant dû voir et entendre, croiser et accueillir... Des anecdotes et des rires, des drames et des larmes... Des bouts d'histoire et de l'Histoire...
Imaginons...
Imaginons qu'il sache dire "Je", qu'il soit une âme au-dessus de la Seine, une âme qui veille la ville et ses passants.
Imaginons...
Une dernière image ? Celle qui illustre est un tableau d'Auguste Renoir.
Le pont des Arts
C’est ainsi qu’on m’appelle,
D’autres me disent passerelle.
J’ai deux siècles environ,
J’en ai vu des saisons.
Entre la cour carrée,
Notre-dame et les quais.
Vraiment quel joli nom,
Pour suspendre un balcon.
Je me souviens des fleurs,
Décor des premières heures.
Et aussi d’un péage
Pour relier les rivages.
Si je pouvais écrire,
Je pourrais vous en dire…
J’en ai frôlé des amants ;
N’importe quand par tous les temps
J’en ai tenu des chandelles ;
Rallumé même des étincelles.
Mais je fais bien mon âge,
J’ai subi cent ravages.
Ma fonte qui s’effiloche,
Des péniches qui s’accrochent…
Aujourd’hui en acier,
Ne suis-je pas en beauté ?
Si je pouvais écrire,
Je pourrais vous en dire…
J’en ai croisé des artistes ;
Rejouer la Seine pour des touristes.
J’en ai porté des badauds ;
Debout penchés vers les bateaux..
Chaque jour je vous accueille
Mais la nuit, j’ouvre l’œil.
Alors dormez tranquilles
Car je veille sur la ville.
Hier et aujourd’hui,
Jusqu’à demain aussi.
Si je pouvais écrire,
Je pourrais vous en dire…
J’en ai aimé des dimanches ;
Des longues balades sur mes planches.
J’en ai vécu des histoires ;
Des belles des tristes ou d’un seul soir.
(c) 2008
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