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Se souvenir des belles choses - Zabou Breitman - 2001 pour imprimer l'article 
Aussi précis qu'un documentaire, l'émotion en plus... (Film)

par Frédéric
article déposé le 20/01/2002
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Se souvenir des belles choses

La réalisatrice Zabou Breitman, c'est d'abord Zabou tout court pour beaucoup d'entre nous ! Celle qu'on connaît depuis longtemps en tant qu'animatrice au tout début (souvenez-vous dans Récré A2 !), puis au théâtre (notamment dans l'excellente pièce "Sky Light") et au cinéma ("Cuisine et dépendances", "La crise", "Ma petite entreprise"...). Depuis quelques semaines, on voyait la bande-annonce au cinéma... Depuis quelques semaines, on voyait Zabou Breitman dans les émissions de variétés, ici ou là, pour nous parler de son premier film en tant que réalisatrice, "Se souvenir des belles choses"...

Claire (Isabelle Carré) présente depuis peu quelques symptômes d'oublis ou d'imprécisions. Sa soeur et elle décident d'un commun accord que Claire ira à la clinique "Aux Ecureuils" spécialiséé dans les maladies de la mémoire. Claire entreprend donc un traitement de jour dans cette clinique. Malgré sa discrétion et son effacement, elle s'intègre bien et surtout fait la connaissance de Philippe (Bernard Campan), qui lui, a tout oublié de l'accident de voiture qui a coûté la vie à sa femme et à son enfant. Claire et Philippe tombent passionnément amoureux et au-delà des thérapies, ils vont essayer de faire vivre leur amour malgré la mémoire... Celle qui s'en va irrésistiblement chez Claire, et celle qui revient douloureusement chez Philippe...

Il est difficile de parler de ce film tant il est riche de détails, d'idées, de clins d'oeil, de tendresse, de réalisme. Le jeu des deux acteurs principaux est époustouflant : Isabelle Carré est brillante en malade qui perd pied peu à peu et Bernard Campan est bouleversant en amoureux désespéré. Tout est déposé en finesse, à commencer par la caméra sur les décors et les acteurs. Parmi les scènes qui m'ont particulièrement touchées se trouve indéniablement celle dans laquelle le médecin, interprété par un excellent Bernard Lecoq, annonce à Claire son état, tout en pudeur et en intelligence. Un peu plus tard, alors que Claire va de plus en plus mal et qu'elle a oublié le sucre dans son gateau, Philippe la console en lui proposant que son gateau soit un parfait trois-quart... Toutes les scènes ont un petit (ou un grand) quelquechose qui fait monter la boule dans la gorge, sans jamais tomber dans la facilité.

Pas une scène en trop, pas une parole qui dérange, pas un cliché... Un concentré d'émotion et d'intelligence à chaque recoin du film...

vos réactions...



par dominique
déposée le 26/12/2008
Je suis sensible au sujet du film, ma mère est passée par les mêmes chemins que ceux empruntés par Claire. Je reconnais le désarroi face aux petites choses de la vie courante. je pleure quand Claire compte et recompte ses œufs et ne comprend pas le poids de trois œufs en farine, s'étourdit dans le supermarché, refuse l'appareil que lui propose Philippe, appareil témoin de sa dépendance croissante, est paniquée par l'effervescence de ses amis lors de sa crémaillaire, s'offre la satisfaction de prendre la poudre d'escampette et d'arriver à bon port toute seule.
Tous ces détails sentent le vécu, ou une fine observation de ce que vivent toutes ces personnes touchées par cette terrible maladie.
Bravo aussi à Isabelle qui a intériorisé ces états et su en restituer l'essentiel. Du moins ce qu'on en perçoit nous qui ne le vivons pas.
J'ai aussi essayé de ressentir ce que ma mère pouvait éprouver , de m'ajuster à sa conscience, afin d'appréhender mieux sa perception du monde qui l'entoure. En fait on ne peut y arriver tout simplement parce que notre tête fonctionne normalement.
Mais je tire mon chapeau au film parce ce qu'il délivre probablement beaucoup de vérité.
Je ne reconnais par contre pas le cadre des institutions qui accueillent les personnes malades, le film offre un cadre très idéalisé, le genre de lieu où l'on souhaiterait voir vivre les personnes qu'on aime. Lorsqu'on accepte ( enfin ! et non sans mal ) l'existence de la pathologie, que la vie n'est plus possible chez soi, l'aspiration très forte qui reste est de permettre à l'être malade de vivre dans un cadre chaleureux et animé, entouré de gens qui la comprennent, l'accepte et qui puissent partager; d'autres malades le peuvent bien. Il en existe si peu (ou pas) à dimension humaine, les institutions sont trop grandes, et si peu chaleureuses et vivantes!!!!
J'aurais aussi aimé que ce film sensibilise l'opinion sur ce point. Sinon peut être un futur.




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