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Voyage en Pays Inca - Pérou pour imprimer l'article 
Superbes ! (Titicaca et Machu Picchu)

par Jean-Paul
article déposé le 08/11/2009
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Voyage en Pays Inca

Il y a des pays où on rêve d’y aller. Le Pérou appartient à cette catégorie. C’était un voyage organisé par une agence française, Belle Planète, et traité par une agence locale : Solmartour du 9 au 23 octobre 2009 ! Je cite ces agences pour leur sérieux et leur professionnalisme.   

Nous avions choisi Ibéria comme compagnie aérienne car elle est associée à LAN (Ligne aérienne nationale). Dès Orly, les soucis commencent car quelques personnes n’avaient pas leur deuxième carte d’embarquement « Madrid-Lima » et cela sans explication. Arrivée à Madrid, Ibéria nous annonce que ces personnes sont en « stand by », en surbooking. Je pensais que cela n’existait plus, et bien pas du tout, des compagnies se sont remises à cette pratique. Bien sûr, quand vous êtes en groupe dont une partie part et l’autre reste à quai, et cela même pour un couple ayant le même nom, votre patience a des limites et cela frise la colère !!   

Après tractation, certains arrivent à partir, dont le couple, mais un petit nombre reste à Madrid et en voyant l’avion pour Lima partir : tristesse et désespoir !!   

Nous retournons au comptoir Ibéria, pour nous assurer le vol du lendemain. La compagnie nous délivre aussitôt les cartes d’embarquement. Cela veut dire que des personnes ayant réservées sur ce vol seront en surbooking !! Ibéria nous réserve un hôtel, le dîner et le petit déjeuner.

En discutant avec d’autres personnes ayant le même souci, ils nous disent qu’il existe une charte du voyageur. Cela nous est confirmé par notre agence. Ibéria édite en effet un fascicule : « droits des passagers ». Dans ce livret, il est écrit qu’en cas de surbooking, le passager a droit à une indemnisation et celle-ci est fonction des kilomètres non parcourus : jusqu’à 1 500 km, 250 euro ; de 1 500 à 3 500 km, 400 euro et au delà de 3 500 km, 600 euro à ce jour. En fait, cela émane d’un règlement du Parlement Européen, en vigueur depuis le 17 février 2005 (CE n° 261/2004). Nous avons effectivement vu un panneau en anglais sous l’égide de l’Europe indiquant les droits du voyageur, mais encore fallait-il le voir ?
Après plusieurs heures de négociations dans l’aéroport de Madrid, (et il est un des plus grand d’Europe), nous finissons par avoir gain de cause et nous touchons 600 euro cash chacun (Lima étant à plus de 9 000 km de Madrid) ! Cela valait le coup d’attendre, d’être patient et d’avoir de la pugnacité !!   

Le lendemain soir, nous nous retrouvons à Lima et c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous démarrons ce voyage.

Mais avant, un peu d’histoire …
Pour faire simple, avant que cette région ne devienne le Pérou, il y a eu une culture Paracas de 700 av JC à 400 ap JC, une culture Nasca et une culture Mochica de 100 av JC à 800 ap JC, une culture Tiahuanaco de 200 à 1000 ap JC au bord du lac Titicaca, une culture Wari de 600 à 1200 ap JC issue de la précédente, cette civilisation fonde un empire pendant six siècles, puis c’est la culture Chimu de 1200 à 1400. Ces civilisations sont appelées pré-incas.
La conquête Inca, peuple Quechua originaire de Cusco, commence vers 1400. Inca veut dire en quechua « fils du Soleil » et seul l’Empereur avait le titre d’Inca dont l’apogée de l’empire est sous le règne de l’Inca Pachacutec. Quand en 1525, l’Inca Huayna Capac mourrut, il laissait deux fils, l’un au nord à Quito, l’autre à Cusco. Une guerre de succession s’en suivit que des nouveaux acteurs fraichement débarqués allaient mettre à profit : les conquistadors espagnols de Francisco Pizarro. De 1532 à 1821, c’est la colonisation progressive de tout l’Empire Inca, et de l’Amérique centrale et du sud. Le 28 juillet 1821, l’indépendance du Pérou est proclamée. Deux hommes en sont à l’origine dans les pays d’Amérique du Sud vis-à-vis de l’Espagne : au sud, le général San Martin et au nord les troupes de Simon Bolivar.
Le drapeau péruvien, rouge-blanc-rouge, aurait été désigné lors de la guerre contre l’Espagne en 1820 par le général San Martin qui aurait vu s’envoler des flamants roses et se serait exclamé : « Voici l’étendard de la liberté ! »
De 1879 à 1883, c’est la guerre du Pacifique entre le Chili et le Pérou et son allié la Bolivie. Le Chili va gagner et envahir le Pérou et Lima. Il annexe les provinces du sud riche en nitrate dont il rend une partie en 1929. Entre 1968 et 1980, le pays est dirigé militairement, puis entre 1980 et 1985 apparaissent des groupes d’extrêmes gauches, comme le Sentier Lumineux dans la région de Ayacucho. Puis le 28 juillet 1985, Alan Garcia Perez accède à la présidence à 35 ans. Il éradique le terrorisme. De 1990 à 2000, c’est la période d’Alberto Fujimori, aujourd’hui en prison pour détournement de fonds. De 2001 à 2006, c’est Alberto Toledo qui dirige le pays. Et en juin 2006, Alan Garcia Perez redevient président de la république.
Aujourd’hui, le Pérou c’est 29 millions d’habitants dont 9 à Lima, pour 1 285 215 km² de superficie dont 60 % est occupée par la forêt amazonienne, la Cordillère n’occupant que 30 % et la bande côtière 10 %.

Notre voyage …
Premier arrêt : les îles Ballestas, qui se situent un peu au nord de Nasca. Deux heures de bateau pour faire le tour des îles et découvrir la faune. Au passage, nous découvrons le premier signe mystérieux péruvien, un candélabre géant dessiné dans le sable et visible que de la mer. Il serait là depuis la nuit des temps …
Si vous avez déjà visité l’île Rouzic qui fait partie de l’archipel des 7 îles en face de Perros-Guirec, c’est un peu la même chose pour les îles couvertes de fiente avec les pélicans, les pingouins, les sternes en plus. Les otaries et les phoques se prélassent sur les rochers ou sur les plages pendant que les fous et les cormorans plongent ! Même avec l’odeur, on prend un bon bol d’air.

Direction Nasca pour voir les fameuses lignes mystérieuses dans le sable. Il faut prendre un petit avion pour en faire le survol, sinon cela n’a aucun intérêt de s’arrêter. Et en avion, avec toutes les traces dans le sable, ce n’est pas évident, même avec les explications en direct du pilote. J’ai réussi à voir, l’arbre, le colibri, le singe, l’astronaute et les mains.   

Ensuite, c’est la panaméricaine pendant des centaines de kilomètres, en longeant l’Océan Pacifique. Je pensais que c’était une autoroute, pas du tout, même si elle est à péage, elle est comme nos départementales. « Je hais les départementales !» Ne circulent que les camions, les autocars de touristes, et quelques voitures, elles sont rares, à part à Lima et dans les grandes villes.   

Toute cette bande de terre au bord de l’océan est désertique, à part les abords des rivières qui s’y jettent et qui permettent les cultures. Mais le paysage est varié et cela nous permet de prendre un bain de pieds dans le Pacifique pour arriver en soirée à Aréquipa.
C’est une belle ville (blanche) à 2800 m d’altitude fondée en 1540 par les espagnols, entourée de volcans dont le Misti est toujours en activité. Il y a aussi le Pichu Pichu à droite et le Chachani à gauche. C’est aussi une zone sismique, le dernier tremblement de terre date de 2001. C’est une région très désertique. Le lendemain nous partons pour la vallée de la Colca en dormant à Yanque à coté de Chivay. Il faut passer un col à 4910 m et c’est là qu’on a ressenti le plus l’altitude.   

Nous en profitons pour aller aux termes de Chivay où une eau de source sort à 80°C. L’eau de la piscine est stabilisée à 38°C. C’est quand même chaud !

Aller à la croix du Condor permet d’avoir une belle vue sur le canyon et d’observer les condors. Pour les prendre en photos, c’est une autre paire de manche !!

Sur la route de Puno, il faut repasser le col à 4910 m puis un autre à 4528 m. Je pense que cela a été la journée la plus difficile du fait de l’altitude. Tout le monde avait mal à la tête et certains sont allés directement au lit en arrivant à Puno.   

Puno se situe à 3825 m au bord du lac Titicaca. Tout le monde allait mieux. C’est une ville où le tricycle est roi. C’est un moyen de transport qui fait vivre des milliers de personnes.
Nous partons à la rencontre du peuple Uros. Ils vivent sur le lac, dans une partie où poussent beaucoup de roseaux. Si bien qu’ils fabriquent des îles flottantes en roseaux. C’est stupéfiant ! Leurs maisons (huttes) et leurs bateaux sont faits en roseaux. Ils sont très accueillants. C’est vraiment chaleureux de les voir vivre ainsi et cela nous incite au respect. Chaque île possède son mirador pour voir l’état du lac chaque matin. C’est une société matriarcale où chaque île est familiale. Ils vivent de la pêche et de la chasse sur le lac. Je pense que nous avons tous reçu une leçon de philosophie.   
Jacques Yves Cousteau est venu plonger dans ce lac en 1973. Il y a découvert une grenouille de 50 cm qui ne remonte pas respirer car l’échange gazeux se fait par la peau.

Visite de Sillustani, une nécropole inca. C’est un site archéologique connu, mais la nature qui l’entoure vaut le coup d’œil ! Puis c’est la visite d’une ferme de l’Altiplano (haut plateau andin), une rencontre avec les habitants et les animaux : le lama, l’alpaga, la vigogne et le guanaco qui est le plus grand de ces quatre camélidés. La vigogne est protégée, elle appartient à l’état et figure sur les armoiries du pays. Autre animal apprécié dans le pays pour sa chair cette fois : le cochon d’Inde. Pour y avoir goûté, je trouve cela plus fin que le lapin ! Puisque je suis sur la gastronomie, sachez que l’alpaga est connu pour sa laine, mais que sa chair est toute aussi délicieuse, ressemblant au bœuf en plus fin !   

Il y a aussi des flamants roses dans les lacs. C’est la route qui mène à Cusco, l’ancienne capitale impériale inca. La place d’armes est sans conteste à visiter. Son marché aussi, où les habitants vont s’y ravitailler un peu comme Rungis. Peu de touristes s’y promènent.

J’ai trouvé Cusco, bruyant et pollué par les gaz d’échappement. Par contre, il y a plein de petits restaurants sympas. De là, on visite le site inca d’Ollantaytambo, la forteresse de Saqsayhuaman où en 1537, les troupes incas commandées par Manco Inca délogèrent les espagnols de Pizarro. Succès de courte durée, puisque Manco Inca fut assassiné par les conquistadors en 1545.

C’est encore un très beau site bien conservé. A noter que les Incas sont des maîtres pour tailler et assembler les blocs de granit qui sont emboîtés à système de tenons et mortaises. Ils sont aussi les maîtres dans la mise en œuvre de l’irrigation qui subsiste encore aujourd’hui. Dans les villages, il y a deux maires, un pour administrer les citoyens, un autre pour l’eau. Il a en charge le système d’irrigation, et surtout les tours de rôle de distribution de l’eau dans les canaux.   

Il y a aussi le marché de Pisac et les salines de Maras. Tout cela est à voir.   

Une petite anecdote qui aurait pu très mal se terminer : nous avons toujours eu des autocars excellents avec de bons chauffeurs, et c’est nécessaire car les précipices sont très près de la route. Partis le matin pour la visite de Pisac, nous avons un mini bus et nous roulons en direction de Calca. Dès le départ de Pisac, l’attitude du chauffeur nous inquiète. Il roule vite et double d’importe comment, la réaction du bus qui fait des embardées, nous obligent à demander au chauffeur de ralentir. Celui-ci ne veut pas obtempérer, si bien que nous demandons à la guide d’intervenir. Il ne veut pas entendre raison, malgré la menace de le changer au prochain arrêt. Une embardée plus forte que les autres nous contraint à demander l’arrêt immédiat du bus. Il arrête dans une station service à l’entrée de Calca. Nous demandons le remplacement du bus et du chauffeur. En effet, nous suspectons que la barre de direction soit faussée, le chauffeur étant obligé de rattraper le jeu et que les suspensions soient usées. Après un certain temps, un nouveau bus arrive avec un chauffeur. Nous repartons et l’autre chauffeur avec le bus défectueux nous suit. Puis, il nous double, par fierté personnel ou pour démontrer que nous avions tords, il double ensuite un véhicule espace et nous observons les oscillations du bus de gauche à droite puis le bus disparaît à notre vue après un virage. Quand nous arrivons dans le virage, nous trouvons le bus sur le toit !! Le chauffeur « fou » en sortira indemne. Nous l’avons échappé belle !!   

A Urubamba, nous prenons le train pour Aguas Calientes. C’est une ville très touristique. Nous y dormons pour être le matin, les premiers sur le site du Machu Picchu, et avoir des photos avec la brume !! Le soleil est au rendez-vous, les mouches qui piquent aussi !!
Situé à 2400 m, le site est déjà coté amazonien et la végétation est là pour nous le rappeler.
C’est vraiment un site fabuleux, bien conservé (photo). Ce n’est pas un hasard si le site a été classé comme l’une des 7 merveilles du monde.   

Lorsqu’on arrive, il y a en face un pic noir, le Wayna Picchu qui veut dire « sommet jeune » et sur lequel se trouve le Temple de la Lune et derrière vous il y a la montagne du Machu Picchu « le sommet vieux ». Au lieu de faire le matin le chemin qui mène en haut du Wayna Picchu, une fois arrivée vous aurez certes une vue sur le site mais avec le soleil dans les yeux. Par contre, de prendre le chemin à l’opposé qui mène à l’Intipunco, les Portes du Soleil, vous serez moins haut, mais avec un beau point de vue sur le site et le soleil dans le dos !!   
N’oubliez pas, en sortant du site, vous avez la possibilité de tamponner votre passeport du Machu Picchu !!   

En 2011, le Pérou fête les 100 ans du Machu Picchu, découvert le 24 juillet 1911 par l’américain Hiram Bingham. Donc y aller à cette époque sera peut être un casse tête. Mais dépêchez vous d’y aller, il est question de revoir le prix d’entrée et de faire plusieurs zones payantes sur le site.   

Retour à Cusco, puis à Lima en avion. La journée que nous avions perdue au début, notre agence a réussi à nous reporter notre retour d’un jour pour nous permettre d’avoir un regard sur cette ville. Il n’y a que la visite du musée et la Plaza Mayor qui sont intéressantes.

Ce que je retiens de ce voyage :
J’ai été surpris par le coté désertique du pays. C’est vrai que je ne suis pas allé du coté amazonien. J’ai apprécié l’accueil des gens et je ne me suis pas senti menacé, même au marché de Cusco où au contraire, je sentais une certaine curiosité de leur part ! Je retiens surtout la rencontre avec le peuple Uros sur le lac Titicaca et le Machu Picchu qui génère une ambiance. Croyant ou pas, on ressent quelque chose de fort sur le site. C’est peut être simplement que dans la tête, mais c’est l’impression que cela donne.   

Coté péruvien, c’est un mélange de plusieurs cultures. L’empreinte espagnole est forte, ne serait-ce que par la langue, mais la population a su garder son identité quechua, encore plus dans les campagnes que dans les villes. Il n’y a pas de ressentiment vis-à-vis de l’Espagne même si les conquistadors espagnols sont montrés comme ceux qui ont anéanti la civilisation inca. La présence de l’Ordre des Dominicains dès le début de la conquête est déterminante dans cette destruction. Chaque site inca est démolit, et une église est construite en lieu et place. Aujourd’hui, la société péruvienne est très catholique, mais dans chaque église, il y a des attributs quechuas.
L’esclavage de population noire au 18ème siècle a donné une empreinte créole au pays. Au 19ème siècle, des immigrants chinois et japonais se sont installés. Le Pérou d’aujourd’hui, c’est un mélange de tout cela, et c’est ce qui donne du caractère au pays.

J’ai également goûté à la feuille de coca et au maté de coca, une tisane pour empêcher le mal de tête et donner du tonus ! Mais ce qe j’ai préféré c’est le pisco sour, l’apéritif national à base de raisin. J’ai aussi testé les vins locaux et chiliens.   

C’est un beau voyage, à la fois sur le plan culturel, sur le plan historique et sur les paysages variées mais où le risque d’accident demeure. La langue espagnole est fortement recommandée !

vos réactions...



par Nicole
déposée le 10/11/2009
Superbe récit de ton voyage malgré quelques aléas !!!!! Cà donne vraiment envie d'y aller, mais c'est très loin !!!! Le groupe péruvien qui était venu à Courtenay et qui m'a donné le virus de la musique de ce pays venait de Aréquipa et s'appelait le groupe Colca.




par Valérie
déposée le 20/11/2009
Super récit. Que de détail. Heureuse d'avoir pu participer à l'organisation de ce voyage. Merci pour tous ces explications.
Un grand bravo au dessinateur du groupe qui a fait des affiches superbes !




par Dolores
déposée le 28/11/2009
Génial ton récit, moi aussi j'ai été heureuse d'avoir pu participer a ce voyage qui restera inoubliable
c'est vrai le lac TITI CACA c'est trés mignon les gens très agréables, moi aussi je tiens a te remercier de tes explications un grand bravo super




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