par Frédéric article déposé le 28/07/2010 lu 87 fois
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De l’importance du choix d’un titre, car c’est précisément lui, en l’occurrence, qui m’a mené au roman de Paolo Giordano, « La solitude des nombres premiers ». L’image était plus que séduisante, j’avais transposé à des êtres la propriété mathématique selon laquelle des nombres ne sont divisibles que par eux-mêmes et par un. Evidemment, la solitude envahit l’esprit, mais j’y voyais aussi une forme d’entièreté ou d’intégrité. Les critiques, partout étaient bonnes, alors je m’attendais à un récit dense et faisant la part belle à la recherche du sens.
Mattia d’un côté, qui vit depuis toujours avec la culpabilité de la disparition de sa petite sœur alors qu’ils étaient enfants, et Alice, de l’autre, qui boîte depuis un terrible accident de ski alors qu’elle aussi était une enfant. Puis, les enfants deviennent adolescents, puis adultes, et le roman, plutôt long, raconte un côté, puis l’autre, pour les réunir, puis les séparer à nouveau… Mattia s’est réfugié dans l’abstraction et la froideur des mathématiques, et Alice dans l’anorexie et la photographie. Pourquoi pas…
Dès les premières pages pourtant, mon enthousiasme a fondu, comme la neige au soleil. Les personnages sont caricaturaux à l’extrême, s’y attacher tient du miracle. Leur singularité n’est pas le problème, loin de là, mais comment y croire, lorsqu’on décèle si peu d’humanité dans les comportements robotiques des deux protagonistes. Et puis, c’est long, sans rythme, répétitif, comme une litanie qui ne finit pas. Page après page, la trajectoire s’égare, confond la broderie avec la densité… Quant au style, peut-être est-ce dû à la traduction, mais il faut bien dire là encore que quelques fulgurances ne font pas oublier la platitude de l’ensemble.
Si les critiques partout n’étaient pas si élogieuses, je n’aurais pas parlé de ce livre sur Résonance, mais là, c’était l’occasion d’un autre son de cloche, sans appel, pour un bouquin que j'ai trouvé résolument sans intérêt.
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