|
|
| |
|
American History X - Tony Kaye - 1999
|
|
|
Bouleversant, choquant, dur, une sacrée claque! (Film)
|
par Nath article déposé le 20/11/2002 lu 4427 fois
|
|
Danny, incarné par l'excellentissime Edward Furlong [Terminator 2], est un jeune garçon, lycéen, qui au lieu de ne se préoccuper que de ses petites amies ou de vénérer n'importe quelle vedette, comme c'est le cas de la majorité des adolescents de son âge, a pour idolle son propre frère, Derek, interprété par non moins excellentissime Edward Norton [Tout le monde dit I love you, Peur primale]. Obsedé par l'envie de venger son père, un pompier tué par un dealer noir pendant une intervention, Derek s'est laissé enrôlé par un groupuscule militant aux idées extrêmistes, prônant des idées nazies et la suprémacie de la race blanche. Aveuglé par sa haine envers les Noirs, les bazanés, les latinos, les asiatiques, et tout ce qui peut avoir l'air étranger, Derek ira jusqu'à tuer deux hommes qui tentaient de cambrioler sa voiture et sera incarcéré trois ans.
A sa sortie de prison, Derek n'est plus le même. Dissimulant désormais son tatouage de croix gamée sur son torse, abandonnant sa coupe de skin-head pour des cheveux un peu plus longs et avec un langage plus humain, Derek tente de sortir son jeune frère de l'engrenage dans lequel il s'est fourré par sa faute. Que s'est il passé en prison? Comment une telle haine a t'elle pu se dissiper en aussi peu de temps? Qu'est il arrivé à Derek pour qu'à sa sortie il lâche toute cette violence qui émane de cette petite armée? N'allez surtout pas croire que c'est simplement la vie en prison qui l'a fait changer d'avis... Elle y est pour quelque chose, mais le message est beaucoup plus profond que ça...
Voilà un film qui m'a complètement retournée, bouleversée... qui m'a même donné la nausée... Certaines scènes sont intenables (l'épisode du trottoir ou encore celui de la douche) et très choquantes; elles ne peuvent pas laisser indifférent, c'est impossible. D'autres sont tout simplement sublimes et touchantes, comme celle du premier sourire que Derek décochera à son compagnon de corvée en prison ou encore celle de la visite du professeur à l'infirmerie. L'histoire est perçue à travers les yeux du jeune Danny, dont l'interprétation est parfaite et dont le talent explose dans ce film, et le va et vient entre différents moments du passé et le présent fait que les choses nous viennent petit à petit. On nous expose d'abord cette violence, cette haine, qu'elle soit du côté noir ou du côté blanc (le scénario ne fait de cadeau à personne), et puis on nous montre d'où ça vient, on nous démontre que la haine est un engrenage dont on peut difficilement sortir, mais surtout qu'elle n'est pas innée.
Le film termine sur deux conclusions:
La haine est inutile, elle n'apporte rien à notre vie. D'avoir tué deux noirs n'a rien apporté de plus à Derek, il ne s'en est pas senti mieux pour autant après ça. Chacun devrait apprendre à transformer sa haine en quelque chose de bon. Derek finalement est quelqu'un d'intelligent: à force d'expérience et de lecture, il y est parvenu.
Tony Kaye: "Ce que j’ai essayé de dire, c’est qu’on ne naît pas raciste. C’est l’environnement social et humain qui pousse à le devenir." En y regardant plus profondément, Derek tenait sa haine envers les Noirs des idéologies qui régnaient au sein de sa famille. L'impact du contexte familial a dont une importance énorme sur le comportement des enfants. American History X nous en fait une démonstration très convainquante... de là à dire que c'est un cas général... on entrerait là dans un sujet société plutôt...
Pour son premier film, Tony Kaye impressionne: les scènes sont filmées avec tant de réalité, les personnages sont si parfaits que l'on ne peut qu'entrer dans le film, l'important étant d'en ressortir. Accrochez votre coeur, et vous me direz si vous avez tenu la scène du trottoir. En attendant, plus d'infos à cette adresse:
http://www.metrofilms.com/ushistoryx/
|
par Joëlle déposée le 04/12/2002
|
Je dois avouer que non, je n'ai pas tenu la scène du trottoir. Voyant arriver le dénouement, forcément horrible, j'ai tourné la tête et me suis même bouché les oreilles     .
Et j'ai beau avoir vu ce film au moins quatre ou cinq fois, je continue d'éviter cette scène autant que possible. Je l'évite, mais ai néanmoins noté l'indéniable nécessité de sa présence. Elle est le point culminant de la violence de Derek, à la fois dans ses paroles et dans ses actions. A partir de là son chemin va peu à peu changer.
Je n'avais absolument pas entendu parler de ce film avant de le voir, aussi je n'en connaissais pas la fin. Et j'ai été bluffée. Peut-être est-ce mon optimisme toujours présent, mais je pouvais réellement voir une fin presque style "happy end", dans laquelle Danny serait "sauvé" tout simplement. Mais j'ai réalisé que la suite logique des événements ne pouvaient aboutir à une telle conclusion.
Comme tu l'as dis, dans cette histoire, aucun des deux côtés n'est épargné. Et c'est aussi ce qui fait la force de ce film. Il n'y a pas de gentils et de méchants clairement définis. Il y a juste la haine qui engendre la haine. Et le chemin de Derek l'ayant parfaitement montré, il n'y a qu'en ouvrant réellement ses yeux, ses oreilles et son esprit que cette violence saurait être apaisée.
|
par cecile déposée le 27/12/2003
|
Alors mon dieu que dire de ce film a part que c'est un chef d'oeuvre!!!
Quand j'en ai entendu parler, je n'avais pas envie de le voir..
Y'a des films comme ca ou on rechigne avant de les voir...
Ce film en fait partie pour moi...
Puis je suis tombée dessus et j'ai vu une partie de la fin... quel dommage
Mais ca ne m'a pas empechée de le rédecouvrir ultérieurement avec la même "béatitudé" (ce terme est très inadéquate par rapport au film et c 'est pour cela que je l'emploie)
Je pense que toute personne ayant l'age devrait voir ce film..
Je n'en connais pas d'autres qui retracent avec autant de justesse et de réalisme le risque du racisme.
C'est comme ca que je le prends commme une mise en garde contre les risques du racisme...
Je ne suis pas une fana de politique, je me sens pas concernée par beaucoup des sujets d'actualité (bouhhhhh c'est pas bien!!! je sais...) et le mérite essentiel de ce film pour moi a été de me faire réagir, de m'impliquer....
C'est vrai que certaines sont d'un réalisme difficilement supportable mais c'est ce qui fait la justesse de ce film et permet cette prise de conscience si essentielle....
Je dois avouer que j'ai aussi beaucoup apprécié le fait que le racisme soit présent des deux cotés de la "barrière"
on a souvent tendance à le cantonner chez les blancs ou les noirs mais rarement commun au deux....
une happy end.????
Moi aussi je suis plutot pour les happy end mais ce film n'est pas déstiné à nous satisfaire sur ce plan... le racisme est moche, la fin du film aussi....
Faites attention à vos désillusions, qu'elles ne vous conduisent jamais à tant de destruction....
Un petit chapeau quand même à la fin du film quand on "lit" la prise de conscience de danny quant au tout début du racisme....
Je pourrais faire une thèse sur ce film... mais je vais m'arrêter là et courrais le voir si ce n'est déjà fait.....
|
par Kro déposée le 28/02/2004
|
La première fois que j'ai entendu parler de ce film je devais avoir 13 ans. Un soir, je suis rentrée chez moi et ma soeur regardait ce film. Je n'ai vu que la fin, j'ai juste entendu ce que Danny disait. Ce qu'il a dit m'a donné envie de voir ce film en entier. La première fois que je l'ai visionné, j ' étais chez moi avec une amie. En voyant la scène où Derek tue les deux noirs, en particulier la scène du trottoir, mon amie m' a demandé d'arrêter ça Mais je ne pouvais pas détacher mon regard de la télé. J'étais totalement submergée par la violence que dégageait ce film... Il y avait tellement de haine ! J'ai continué )à le regarder seule. Et ce film m'a vraiment surpris. Tony Kaye démontre que la haine est totalement inutile, que ça ne sert à rien d'avoir la haine car la vie est trop courte... Mais à travers toute cette violence, il démontre aussi l'amour qu'éprouve Derek à l'égard de son petit frère Danny. La haine, c'est une saloperie. La vie est trop courte pour passer son temps à avoir la haine...
|
par carine déposée le 20/09/2005
|
Vous avez tout dit, alors que rajouter ? J'ai juste envie de mettre mon grain de sel.
Je n'ai pas vu le début du film hier au soir, mais bien les deux tiers quand même. Le film étant construit sur des allers-retours passé-présent et grâce à vos commentaires, j'ai pu remettre les choses à leur place, ce qui me manquait. Soit comment tout ça avait commencé pour Derek, puis pour Danny, mais pour ce dernier, ça paraissait beaucoup plus évident : suivre l'exemple "parfait" de son grand frère...
Je n'ai pas détourné les yeux sur les scènes du trottoir et de la douche.
Parce que sur la première, à vrai dire, je ne m'attendais pas à ça, j'imaginais quelque chose de beaucoup plus radical, puisqu'il pointait une arme sur la tête de sa victime... J'ai sursauté quand j'ai compris ce qui allait se passer, mais c'était un quart de seconde trop tard. Donc j'ai regardé et vu.
Parce que la première est hallucinante, Derek a une tête d'halluciné à ce moment-là, les yeux exhorbités, la rage et la haine écumant de toutes parts, un mauvais sourire de satisfaction aux lèvres lors de son arrestation... Et il n'a pris que trois ans ! Alors que son compagnon à la prison en a pris six pour une télé volée et cassée ! Mais lui était noir, normal........... Sans commentaire.
Parce que la seconde est dure, très dure. Là aussi, il était aisé de comprendre ce qui allait se passer, mais quelle violence dans cette scène et le film en entier d'ailleurs.
Parce que la seconde vient comme ça, alors que l'on est déjà hébété, ahuri, sans pouvoir détourné le regard tellement on finit par ressentir cette haine qui dégouline de toute part, dégoûtante, affreuse, odieuse... On n'a pas le temps de réagir, on est ancré dans ce film, jusqu'à la fin... Et pourtant, cette haine, ce n'est pas la nôtre, bien loin de là, mais elle transparaît tellement. Ce que peut ressentir Derek ? De l'horreur, de la haine également, mais pas la même, de l'impuissance surtout, que peut-il faire à ce moment-là ?
On le voit ensuite pleurer... Comment peut-on laisser tout ça de côté pour redevenir quelqu'un de bien en si peu de temps ? Comment peut-on se libérer de tous ces démons qui emprisonnent et empoisonnent une vie au point de nous transformer nous-même en démon ?
Ce film est brutal, implacable, désespéré... On en ressort pas totalement intact, mais plutôt quelque peu ébranlé, songeur, torturé quelque part.
Il est aussi surprenant, magnifique et envoûtant. Non, je ne parle pas de la dernière comédie romantique du moment avec ces trois adjectifs, mais bien d'American History X.
A voir absolument.
Pour se rendre compte par soi-même.
Pour comprendre.
Pour apprendre.
Pour ne surtout pas reproduire.
|
par Arnaud déposée le 20/08/2007
|
Du très grand film, à n'en pas douter. Au départ je n'étais pas chaud pour le voir mais je l'ai quand même regarder, et là j'en suis resté scotché. Superbement bien joué avec pour une fois une prise de vue assez intéréssante. Comprendsre le blanc, et non toujours excusé le noir. Une première. Quand à la fin, on peut la voir de deux façon :
-Dereck essaye d'obtenir la rédemption
-Si ce n'est pas moi qui te tue, c'est toi qui me tue.
Bref comme certaines rumeurs, ça m'aurait plus de voir Dereck se rasé le crane après la mort de son frère.
|
|
| vous pouvez réagir ici... |
|
|
|