|
|
| |
|
Renaud au Zénith - 2002
|
|
|
une résurrection ! (Concert)
|
par Georges article déposé le 20/12/2002 lu 1675 fois
|
|
Presque 20 ans après qu'il ait lui-même inauguré cette salle (en 84), et près de sept ans depuis sa dernière apparition sur la scène parisienne, Renaud donnait hier (le 19/12) le premier d'une quinzaine de concerts prévus au Zénith entre décembre et avril.
Emouvant, poignant, cet événement l’était sûrement sur le papier, et la soirée a tenu toutes ses promesses, en grande partie grâce à un public exceptionnel, à la fois chaleureux, rassurant et conquis ; la salle était archi-comble, emplie d’une foule aussi enthousiaste que contrastée : motards de toutes générations, cadres BCBG, pré-ados, post-ados, trentenaires, quadragénaires, quinquagénaires, rythmant tous ensemble, de la voix et des mains, les tubes de cette idole des jeunes et des ex-jeunes. Plusieurs « standing ovations », des chansons chantées par 6000 personnes debout (« Dès que le vent soufflera » ou « Mon HLM »)… Renaud n’a pu quitter la scène qu’après deux rappels (six titres), aux alentours de minuit.
Quant au répertoire interprété ce soir-là (une trentaine de chansons toute de même !), joyeux mélange d’extraits de « Boucan d’enfer » (son dernier album, le 13ème en studio) et des tubes qui ont fait sa gloire (de son premier succès « Laisse Béton » à « Marchand de cailloux »), il est à l’image de son interprète : authentique, attachant, rebelle et sincère.
Car bien que l’on puisse regretter l’aseptisation (ni « Hexagone », ni « Déserteur »… en gros, rien de politique), impossible de lui en tenir rigueur : à 50 balais, le « chanteur énervant » n’a plus de révolutionnaire que le passé, et même s’il reste cynique et corrosif, ces titres plus ou moins « anar » ne correspondent plus vraiment au personnage qu’il est devenu : lucide, il parle beaucoup entre les chansons, principalement de ces secrets de polichinelle que sont le départ de sa compagne (« La pêche à la ligne », « Cœur perdu », « Mal barrés ») et son alcoolisme (« Pochtron », « Docteur Renaud, Mister Renard »). Il égratine tout de même au passage, fidèle à ses principes, des cibles faciles comme BHL (« l’Entarté »), le Paris-Dakar (« Cinq cent connards sur la ligne de départ ») ou Star Academy (« on m’a dit qu’ils avaient repris ‘Mistral Gagnant’ à la télé ; je veux pas que ces abrutis touchent à mes chansons ! »). Et plus généralement, son thème de prédilection : la bêtise humaine, la folie des hommes (« C’est quand qu’on va où ?», « Morts les enfants », « Miss Maggie », « Manhattan Kaboul » - mention spéciale à Axelle Red qui a fait le déplacement pour ce duo, et nous a en prime interprété son dernier single).
Mes « coups de cœur » ce soir-là : « En cloque » (pour des raisons que ceux qui me connaissent bien devineront aisément         , « Manu » (ma préférée depuis toujours, spéciale dédicace à quelqu’un qui se reconnaîtra      ), les chansons de mon adolescence que je rêvais de chanter avec lui (« Laisse béton », « Marche à l’ombre »     ), et tous ces moments géniaux de communion totale avec le public (notamment « Dès que le vent soufflera » et « Mistral gagnant »). Bref, un de ces moments qu’on regrette de voir se terminer, malgré la durée exceptionnellement longue du spectacle.
|
par Nath déposée le 23/12/2002
|
Deux mois et demis après un fabuleux concert de Norvégiens, me voilà de nouveau dans cette salle du Zénith pour assister à un nouveau concert, cette fois-ci bien français, et tout aussi bon que le premier! Les interprètes n'ont absolument rien en commun, mais j'avoue avoir été épatée tant par les uns que par l'autre! C'est en partie grâce à mon mari et à mon petit frère (fan de Renaud depuis qu'il a 5-6 ans!!!) que j'ai fait connaissance avec cet artiste, et c'est donc en décalé que j'ai découvert tous ses albums.
Je vais aller dans la même direction que Georges en vous disant que l'émotion et la joie étaient au rendez-vous dimanche en fin d'après-midi au Zénith. Le public était exactement tel que Georges l'a décrit, exceptionnel, déchainé, conquis; toutes les générations étaient présentes, différentes classes sociales, et tout le monde a participé aux nombreuses standing ovations, tout le monde a chanté à tue-tête, y compris le gamin de 10 ans devant moi qui connaissait toutes les chansons par coeur. Le répertoire a été très varié et a survolé toute la carrière du chanteur, et je dois dire que les anciennes ont fait un sacré tabac! D'ailleurs lui même le dit: 'Je sais bien que vous préférez les vieilles, mais il a bien fallu que j'en élimine pour mettre les nouvelles!!!' Alors oui, on a un peu regretté les Hexagone, Où c'est qu'j'ai mis mon flingue, Société, mais on s'est consolé avec Manu, qui est également une de mes préférées, Miss Maggie, Déserteur (nous y avons eu droit nous...), le HLM, Marche à l'ombre, etc...
J'ai franchement été impressionnée par l'homme. Mon mari, qui l'a vu plusieurs fois en concert, la première remontant au début des années 80, disait de lui qu'il était timide, qu'il intercalait à peine une phrase ou deux entre chaque chanson, quoique il se soit amélioré avec le temps. Or là, il a beaucoup discuté, nous a parlé du départ de sa femme Dominique, de sa période noire pendant laquelle il avait sombré dans l'alcool, et au final, c'est quelqu'un qui a beaucoup d'humour et dont le discours est toujours corrosif, même s'il a dépassé sa période anarchiste... Il a toujours la critique facile, peut être bien la seule chose que je lui reproche: "Alors comme ça vous venez me voir un dimanche après midi... J'suis sûr que vous seriez bien venus hier soir... mais vous avez préféré regarder la finale de la star académy'.... la star académy, son sujet de critique préféré en ce moment on dirait ("je veux pas que ces dégénérés touchent à mes chansons); comment ne pas en sourir lorsqu'on sait que lui même participait à Graine de Star il y a quelques semaines aux côté des nouvelles Popstars, qu'il n'épargne pas non plus... De même qu'il n'y avait plus 500 connards sur la ligne de départ, mais 499 puisque son pote Johnny, présent dans la salle, était, lui, excusé de participer au Paris-Dakar.
En tout cas, j'ai passé un merveilleux moment, chargé d'émotion. Une mention particulière pour le décor qui, comme à chacune de ses tournées m'a t'on dit, était superbe: une jolie place de village avec un bar, un hotel, des musiciens sur la place. Autre mention pour Axelle Red et sa prestation sur Manhattan Kaboul (je n'avais pas été épatée par d'anciennes prestations Live de la chanteuse qui, je trouvais, chantait faux en direct....). Nos coups de coeur à nous ont eu lieu sur quasiment tous les vieux titres, mais plus particulièrement sur Manu, En cloque, et j'ai bien senti des vibrations à côté de moi sur Mistral Gagnant qui expose les relations entre un père et son enfant, ce que bien des trentenaires et quarantenaires, pères à leur tour, ont dû ressentir en récoutant cette chanson hier soir... Renaud a également annoncé que cette tournée était la dernière avant sa retraite: vrai ou faux, l'avenir nous le dira, mais on espère bien que ça ne s'arrêtera pas là... En tout cas, chapeau à l'artiste!
|
|
| vous pouvez réagir ici... |
|
|
|