par carine article déposé le 09/11/2003 lu 1574 fois
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Samedi 8 novembre 2003 - Marathon 3ème jour
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Et voilà... 23h01 en ce samedi 8 novembre. Je suis dans ma voiture, en train de rentrer chez moi, prête à... enfin !... me reposer un peu ! Puisqu'en effet, je viens tout juste de terminer un marathon de concerts sur trois jours... Ben oui, trois en trois soirs, et ça fait beaucoup, j'vous assure, je n'en puis plus ("J'suis trop vieille pour ces c........!" (effroi ! j'ai même pas la trentaine !) comme dirait Mel, enfin, lui, il dit "vieux", ouf, ça nous rassure ! Mais si mais si, ça vous dit ! Hein ?! Dans la dernière "Arme Fatale"... A y est, ça vous r'vient ?!) Mais là n'est pas l'propos du tout en fait ! Fatigue ou pas, j'ai passé trois soirées on ne peut plus différentes mais géniales, mot basic et ordinaire au possible, ce "génial", mais c'est juste pour l'résumé !
Allez, va pour les détails...
Ainsi donc, ce soir, je terminais avec Renaud. Je ne l'avais jamais vu en concert, je ne savais donc pas à quoi m'attendre du tout.
L'idée et surtout l'envie d'aller me faire mon avis sur la question me sont venues au fil du temps, à force d'entendre "Mon Bistrot Préféré" à la radio principalement... Ca m'plaît énormément, cette rencontre avec ces hommes qui ont marqué leur temps, écrivains, comiques, hommes d'Etat, auteurs, poètes, chanteurs etc... J'ai aussi beaucoup aimé la chanson d'avant et puis celle d'après et puis tout l'album finalement, que j'ai fini par dénicher chez quelqu'un, ce qui m'a permis de juger, non, de découvrir plutôt et ensuite de m'imprégner du nouveau style de Renaud. Ma première impression sur les titres sortis en radio ont fait que j'ai tout de suite adhéré à ce dernier album en date. Malgré cela, je ne l'ai pas écouté des tonnes de fois et le concert était une vraie surprise du coup.
De plus, ce soir, c'était une cinquième fois à Lyon pour cette année, le cinquième concert à guichet fermé pour un artiste absent depuis trèèès longtemps des scènes françaises et du circuit des chanteurs français tout court. Impressionnant !
En arrivant dans la salle, je me suis effectivement rendue compte que le public était là bien présent, mélange d'inconditionnels de la première heure, comme il dit, et de novices ignorants, comme moi, qui allaient découvrir Renaud sur scène. Et non pas le Renard qui semble avoir totalement disparu aujourd'hui... Petit clin d'oeil à ses années d'absence au sens propre et figuré, enfin, plutôt long clin d'oeil au tout début de concert et en chemin, ici ou là au travers de chansons, couplets, refrains etc... En somme, l'artiste nous a raconté sa vie, sans que ce soit déplacé du tout...
Bref, la seconde chose que j'ai vu, c'est le décor. J'ai immédiatement, instantanément adoré. Simple, typique, original, mis en scène avec sobriété et talent : comme Renaud nous l'explique lui-même, c'est une place de village typique, dans un petit coin du pays basque (basque par solidarité, le drapeau est là, bien en vu, flottant sur le mur de l'école publique). On y voit un arbre sur la gauche, un "banc public banc public" (la la la...), une école filles d'un côté, garçons de l'autre, un hôtel au milieu, l'Hôtel de la Nuit, et un bar, "Chez Renard", par lequel il est arrivé, par lequel il est reparti, une bouteille d'eau à la main, ça, c'est important et symbolique... On y voit de la lumière parfois, des gens à la terrasse, on y voit rien du tout parfois, tout est noir, calme...
C'est... comme un soir de 14 juillet, nous dit-il, on a des lampions, des lumières, il y a nous, y'a plus qu'à imaginer la fête. Et la fête était là.
C'est une fois la nuit et la lune seule nous éclaire, une fois le jour, une fois l'hiver et les cheminées fument, une fois ici, une fois là-bas, ailleurs, les lumières s'allument et s'éteignent, elles sont roses, rouges, jaunes, vertes, bleues, couleurs de l'arc-en-ciel et bien d'autres, couleurs qui tournent et tournoyent sur les murs des maisons qui changent d'aspect, d'allure, créant une ambiance, une atmosphère différente à chaque fois, on s'y croirait presque, on imagine, on rêve un peu, on s'y sent bien...
Sept musiciens et un homme qui nous parle, qui partage, qui parcourt sa vie avec nous, sa vie en tant que chanteur, sa vie en tant qu'être humain, avec ses faiblesses, ses forces, son courage et son humour, ses pointes de violence, contrebalancées par ses envolées d'amour, de tendresse et de douceur. En fait, il discourt entre chaque chanson, chaque titre a son anecdote, son histoire, son truc à dire et raconter, sa révolte, sa sensibilité, sa prise de position et sa réalité... Monsieur ne mâche pas ses mots, il dit ce qu'il pense, il a bien raison, ça n'gêne personne, il s'affirme, il prend parti, humainement et même politiquement parlant, le clame haut et fort, on n'adhère ou on n'adhère pas, on ne fera pas d'histoire pour ça, pas de guerre pour ça, on fait pareil de notre côté, on pense ce qu'on veut, on fait ce qu'on veut, mais ça n'empêche personne de passer une excellente soirée.
Pas d'hypocrisie, pas d'emphase, la soirée est simple, accueillante, drôle aussi, les chansons défilent, les nouvelles, les anciennes, bientôt 20-25 ans mais elles gardent leur fraîcheur pour certaines, sont totalement démodées pour d'autres, musicalement et parfois au niveau des paroles aussi... mais elles coulent et découlent, tout se mélange, s'assemble et l'on découvre, comme moi, on apprécie, on revit des années passées à suivre un personnage, comme beaucoup beaucoup d'autres spectateurs d'un soir, de tout âge, du gamin au grand-père...
Un personnage, c'en est un assurément, avec son franc-parler et ses manies, sa façon de chanter, ah ! sa façon de chanter, mais c'est qu'il chante faux, le bougre, mais c'est aussi ce qui fait qu'on aime le style ou pas, on aime ou on déteste, c'est un peu ça, c'est aussi ce qui confère en partie une énorme fragilité aux chansons, à l'homme sur scène qui ne se prend pas au sérieux et qui rit de lui même, se moquant aussi, ironisant ? certainement..., ce qui confère une authenticité certaine et rare quelque part, quelque chose de vrai, de réel, parfois de triste même, emprunt de solitude, un truc que j'ai trouvé en fait... extrêmement émouvant.
Enfin, vous comprendrez aisément que j'ai adoré, je ne connaissais pas du tout et j'ai vraiment aimé. J'y suis allée sans a priori, sans juger, j'y suis allée sur un coup d'tête, un ressenti, j'y suis allée pour voir et j'ai vu, j'y suis allée... tout court et j'y retournerai... encore.
Et pour finir, comme l'a écrit Nath dans un vieil article de 2001 déjà, "comme il dit : "j'veux qu'mes chansons soient des caresses ou bien des poings dans la gueule."" J'suis d'accord avec ça, c'est un peu ça... et beaucoup d'autres choses, Bravo.
Fin.
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