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I, Robot - Alex Proyas - 2004
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par Païkan article déposé le 28/07/2004 lu 2143 fois
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Synopsis : 2035, les robots sont pleinement intégrés à notre vie quotidienne, et tout le monde a confiance en eux, à l'exception d'un détective légèrement paranoïaque qui enquête sur un meurtre dont il est le seul à penser qu'il est l'œuvre d'un robot. Cette enquête l'amènera à découvrir une bien plus terrifiante menace pour la race humaine.
Six ans après le chef d ‘œuvre reconnu qu’est « Dark City (199     », Alex Proyas rempile derrière la caméra pour une adaptation pour le moins attendue depuis des décennies. Tout comme pour Tolkien, Isaac Asimov (auteur américain très prolifique et génie de la philosophie robotique pour beaucoup) est un autre casse-tête lorsqu’il s’agit d’adapter l’une de ses nombreuses œuvres au grand écran. Ce n’est d’ailleurs que dans la série « Au-delà du réel (the outer limits ) » sur le petit écran, que l’on trouve qu’une brève approche de ses œuvres du cycle des robots, dans les épisodes tous deux intitulés « I, Robot (1963 et 1995)» mais ne reprenant que l’une des nouvelles du cycle, et au cinéma avec « l’homme bicentenaire (1999)», mièvre tentative d’approche, avec Robin Williams.
Rendre accessible à tous spectateurs -et rentable pour le studio- une telle œuvre parfois non-linéaire (une partie du cycle des robots est un recueil de nouvelles) et emprunt de technicité poussée, de déontologie, de philosophie et de psychologie robotiques au cinéma est apparemment possible ici, au vu du résultat final. Bien entendu, des raccourcis scénaristiques mais néanmoins nécessaires sont à prévoir (exit les cas particuliers aux 3 lois, la politique présente dans les romans), mais l’erreur majeure a été évitée, et tant pis pour les fans de Will Smith : la focalisation sur le « héros » humain. De même, les scènes d’action nécessaires aux (3 ?) lois du blockbuster restent modestes (peut-être trop brouillonnes pour les premières), grâce entre autres à la qualité des effets-spéciaux qui semblent désormais à leur apogée et au coup d’œil d’Alex Proyas qui, contrairement à un Georges Lucas en pleine euphorie de Star Wars :Episode II, considère ses robots comme des acteurs (dynamiques, expressifs et adeptes de l’aïkido) et le Chicago de 2035 comme une ville futuriste et non pas un fond d’écran sur PC. Même si le thème de la cohabitation-affrontement Homme-Machine vous semblera avoir été abordé encore une fois de trop (après « Terminator », « Matrix » et autres « Runaway l’évadé du futur »), le film reste intelligent, logique (c’était le minimum que l’on pouvait espérer) et si l’on met de côté le personnage de Will Smith adepte de la réplique « sensée être drôle et qui tombe à plat car nous ne somme plus dans les années 80 », celui de Bridget Moynahan, qui dans le roman est un formidable conteur et ici le minima asocial, froid et en détresse, le plaisir y est. Pas au point d’aller chez Darty pour précommander le Modèle du NS-5 car on en a marre de promener le chien et de cuisiner, mais au moins au point de réfléchir à ceci : si le PC devant lequel vous êtes assis(e) avait un physique humain, vous parlait en gentleman et faisait la tarte à la patate douce comme un cordon bleu, le traiteriez-vous comme un ami ? Vous avez 2 heures pour disserter     
La réplique du film : « que puis-je faire pour vous servir ? » -NS-4, NS-5 et Sonny-
Chose que vous ne ferez probablement plus de la même façon après le film :
-Regarder « Short circuit (1986) »
-faire confiance à votre Système ABS, votre friteuse electrique, votre fer à friser…
L’objet du film : La nouvelle Audi (vous allez la voir…)
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| Très peu de réalisateurs sont capables de concilier qualité artistique et potentiel commercial. Un film calibré pour cartonner souffrira toujours d'un formatage intellectuel douloureux où sera expurgé de l'oeuvre tout ce qui est suceptible de troubler le beauf de base dans sa quête effrénée de bouffage de pop corn. Sans être totalement à la hauteur de ses grandes ambitions, I robot parvient à hisser la barre très haut dans l'échelle du divertissement malin.
Pourtant, avec sa bande annonce mal foutue et un Will Smith au look très bad boy, le film partait sur de biens mauvaises bases d'autant que l'adaptation des recueils d'Assimov semblait une des pires idées dans l'histoire des mauvaises idées (multiplicité des personnages, intrigues complexes et philosophiques, approche anti-spectaculaire de la SF, bref tout ce qui ne fait pas un sujet de blockbuster.) Force est de constater que Proyas a réussi son pari haut la main. En vulgarisant -dans le bon sens du terme- intelligemment les enjeux des nouvelles d'Assimov, Proyas réussit une synthèse élégante et efficace des grands thèmes posés par la question de l'intelligence artificielle. Le docteur Susan Calvin, scientifique austère et quadragénaire chez Assimov, devient une femme aussi efficace dans l'action que dans la réflexion. Smith est une compilation de différents personnages dont il reprend des aspects caractéristiques (paranoia, phobie des machines...) et certaines scènes font directement référence à des nouvelles précises. Ainsi, quand Will Smith se retrouve devant 1000 robots et qu'il doit trouver l'élément défectueux, Proyas reprend mot pour mot les séquences imaginées par Assimov. Un excellent point.
Autre excellente surprise, si vous avez été déçu par le soulèvement des machines dans Terminator 3, ici vous ne le serez pas. Porté par des effets spéciaux exceptionnels, Proyas ne se contente pas de faire de la mauvaise image de synthèse comme le triste George Lucas. Au lieu de plaquer bêtement ses comédiens sur des fonds verts laids à mourir, Proyas intègre remarquablement ses robots dans des scènes de rue saisissantes. L'univers visuel imaginé par le réalisateur australien est d'une richesse réjouissante et on applaudit même des deux mains lors d'une séquence de poursuite épatante où Proyas démontre incontestablement son savoir faire technique dans le domaine de l'action pure. Certes, Smith lâche quelques blagues lourdaudes mais même lui ne parvient pas à gâcher un ensemble excellent pour une production de cette dimension commerciale. Au final, on n'a finalement juste envie de s'excuser auprès de Proyas d'avoir douté de lui et aussi une grosse envie d'acheter le film en DVD. Bien plus que les films de super-héros déjà vus où les épopées grandiloquantes, I robot est le blockbuster de l'été : intelligent, efficace, spectaculaire. On n'en redemande.
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L’adaptation des nouvelles sur les robots d’Isaac Asimov était de même type que celle qu’avait eu à résoudre Jean-Jacques Annaud lorsqu’il co-écrivit le scénario du nom de la rose d’Umberto Eco. En effet, dans un cas comme dans l’autre, il y a l’aventure proprement dite (sf ou polar moyen âgeux) et une couche philosophique non négligeable. Le problème étant de garder le rythme du coté aventure sans omettre la part réflexion d’une part et d’insérer cette part philosophique en l’intégrant complètement à la narration sans qu’elle paraisse « ajoutée ». Une quadrature du cercle pas évidente à résoudre.
Pour le nom de la rose, Jean-Jacques Annaud s’en était bien sorti. C’est beaucoup moins évident pour I, robot. Le scénario mélange beaucoup d’éléments disparates. La description de la ville fait penser à celle décrite dans « les cavernes d’acier » alors que l’intrigue elle-même n’est pas d’Asimov mais ressemble à une lointaine copie de l’argument du film « cerveau d’acier ». L’humour narquois d’Asimov est (pas très bien) transposé aux répliques de Will Smith et, quelques fois, dans des images furtives (le robot promenant plusieurs chiens). La trouvaille du film est d’avoir donné des « expressions » aux visages des robots aux allures de clones issus de la guerre des étoiles. Ils redeviennent « normaux » comme ceux de Lucas s’arrêtaient irrémédiablement dans « la menace fantôme ». On a un sentiment de cumuls de déjà vu, même si les grandes scènes d’action sont assez époustouflantes. Mais les progrès constants dans le traitement des images de synthèse y sont pour beaucoup.
I, robot est donc un semi ratage car, par rapport à l’œuvre d’Asimov, il y a de quoi être passablement déçu, c’est aussi une semi réussite car le spectaculaire est au rendez-vous.
Les fans d’Asimov resteront sur leur faim, les amateurs d’action seront comblés.
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