par jean-rené article déposé le 01/08/2004 lu 1325 fois
|
|
OGM
Les OGM (Organismes Génétiquement Modifiés) posent deux problèmes fondamentaux : un problème écologique lorsque des champs, en pleine nature, sont ensemencés. Un problème de santé lorsque les humains et les animaux (ensuite mangés par l’homme) en mangent.
Y-a-t-il danger ?
Le recul dont on dispose est totalement insuffisant pour pouvoir répondre dans un sens ou dans l’autre à ce genre de question. C’est donc le « principe de précaution » qui doit s’appliquer .
Mais des scientifiques prétendent qu’il n’y a aucun danger et vont même jusqu’à expliquer que les OGM permettront de résoudre le problème de la famine (pour donner mauvaise conscience à ceux qui refusent - procédé ignoble). Les politiques, qui n’ont pas les compétences pour apprécier le bien fondé de ces affirmations, font confiance aux ingénieux ingénieurs.
Mais globalement, la population, largement échaudée par les récentes « affaires » de santé, se méfient de ces propos rassurants. Soutenus par cette approbation générale, des gens connus (des élus entre autres) ont décidé de pratiquer la désobéissance civile. Prenant les médias à témoin, ils ont arraché des plants d’OGM qui se trouvaient en pleine nature. Le ministre s’est fâché (son prédécesseur aussi en son temps) et menace des pire tourments les fauteurs.
Ah, messieurs les ministres, que vous avez mauvaise mémoire ! Ne savez vous donc pas que la désobéissance civile est une pratique française courante depuis longtemps. Chaque fois que les lois sont en retard sur l’évolution de la société, des gens se groupent pour désobéir et le font savoir, tout ça pour faire, justement, évoluer la loi. Et, sauf pression imbécile du pouvoir, la justice ne les condamne pas ! l’exemple des femmes qui avouaient s’être fait avorter dans les années 60 est un des derniers cas connus.
Soyons sérieux, messieurs les ministres, (ou devrais-je dire, monsieur le président puisqu’il paraît que c’est vous qui dites et que les autres obéissent à vos ordres). José Bové a déjà été emprisonné pour les mêmes faits l’an dernier. Il en est sorti grandi et vous, ridicules. Quant à Noël Mamère, il vous a déjà fait le coup du mariage homo, ne recommencez pas avec les OGM ! Se tromper, ça peut arriver à tout le monde, mais persister dans l’erreur relève de la stupidité.
Revenons un peu en arrière…
Dans les années 60 un médicament fut mis sur le marché pour soulager les femmes enceintes pendant leur grossesse. Ce médicament s’appelait la thalidomide. Il eut un énorme succès et de nombreuses femmes l’utilisèrent, surtout en France et en Belgique. De nombreuses femmes qui prirent ce médicament accouchèrent d’enfant avec des bras sans mains, des jambes sans pieds ou même sans bras ou sans jambes. Le médicament fut retiré du marché et les indemnités versées aux malheureuses victimes coûtèrent l’équivalent de plusieurs dizaines de millions d’Euros aux assurances.
Aujourd’hui, en Grande-Bretagne, il n’y a pas de plantations d’OGM dans la nature. Le gouvernement va prochainement donner l’autorisation des premières cultures. Mais les assureur anglais ont prévenu : ils suspendront, avec effet immédiat, les assurances de tout agriculteur qui plantera des OGM ! leurs experts estiment que le risque encouru à moyen et long terme pourrait être de l’ordre du coût de la thalidomide !!! pour une fois que les intérêts financiers des grands groupes va dans le sens de la protection de l’environnement… on n’aura pas l’occasion de se plaindre…
Qu’il faille étudier les OGM, on est d’accord. Mais ces études doivent être faites avec les mêmes précautions que l’étude des virus et des bouillons de culture, avec le même confinement, les mêmes sûretés. Pas en pleine nature pour la culture et pas en donner à manger aux animaux vivant en plein air, uniquement à des souris de laboratoire. Et on en reparlera dans 10 ou 20 ans.
Revenons, encore, un peu en arrière.
Il y a 30 ans, les prédécesseurs de nos chers ministres ont imaginé le « remembrement ». Cela consistait à regrouper les terres des agriculteurs en un seul tenant alors que les achats et les héritages les avaient amené à posséder des terres éparses. Ils ont procédé à « l’échange », puis ils ont fait démolir les talus, les haies et les murettes qui séparaient les champs appartenant désormais à un même propriétaire. Ainsi, le cultivateur pouvait traiter en une seule fois un plus grand terrain, pratiquer la monoculture et faire du rendement, ainsi, ses produits lui revenaient moins cher, il pouvait donc les vendre moins cher etc…
Mais les haies servaient aux animaux pour s’y réfugier, ces mêmes haies et les murettes retenaient la terre. Un jour, après des pluies diluviennes, la terre cultivable de nombreuses collines sont parties en boues. Les haies enlevées, la terre n’était plus retenue par rien…. Plus de mille ans de cultures et de savoir faire furent perdus en quelques heures.
Gilles Servat, chanteur breton engagé a un jour écrit une chanson qui s’appelle « madame la colline ». Elle parle du remembrement et de ses conséquences mais n’est jamais diffusée car elle dure plus de 6 minutes… le dernier couplet dit ceci :
Ceux qu’ont décidé ça là -haut,
Voilà ce qu’on a à leur dire :
Si c’est exprès, c’est des salauds,
S’ils savaient pas c’est encore pire.
Ceux qui donnent de la viande à manger à des herbivores ruminants, ceux qui cultivent des OGM en pleine nature et ceux qui les y autorisent pourraient bien, un jour prochain, se faire entendre dire ce dernier couplet. Les profits, c’est bien, mais cela ne justifie pas tout et nos gouvernants feraient bien de réviser leur passé avant d’écouter les profiteurs et leurs valets.
|